Depuis l’écriture de mon dernier article , j’avais un sentiment d’inachevé. Vous savez cette sensation : «  il manque quelque chose »? Je ne savais par contre pas ce que c’était.J’attendais que des commentaires de personnes ayant lu le livre pointent du doigt quelque chose. Rien, la réponse ne devait pas venir par ce biais.

Dans ces cas-là, la seule chose à faire : mettre dans un coin de ma tête et attendre que la vie m’ apporte la réponse. Je n’ai pas dû attendre longtemps. Comme je vous l’ai dit , le tome 2 est en lecture chez 5 personnes. Je connais ces personnes et je connais par conséquent aussi leurs personnages favoris. Les retours sont pour l’instant très favorables, néanmoins un retour a attiré mon attention.
Le voici en partie:

« Plus je lis, plus j’ai l’impression que cette histoire et ce monde est en fait gigantesque, et qu’on est loin d’avoir tout vu. Ça a un côté très positif (ça donne une sensation grisante et un peu vertigineuse, on a envie de savoir, etc.), mais j’y vois aussi un côté un peu « stressant » »

OK ok. Un petit café s’imposait pour debriffer. Le mot qui me faisait réfléchir était « stressant », même mit entre guillemets il me questionnait passablement. Le but n’étant pas de faire stresser les lecteurs, je devais tirer ça au clair:

Permettez-moi de vous emmener avec moi:

Confortablement assise dans des canapés bon marché, mais néanmoins confortables. Les effluves de café emplissaient la pièce invitant les deux femmes à la conversation. Mary était à la fois excitée et angoissée de poser la question qui la taraudait depuis quelques jours. Elle devait agir vite avant d’être assaillie de questions ouvertes laissées par le tome 2.

– Merci pour ton retour. Je voulais te demander si tu pouvais m’expliquer le côté grisant et stressant en même temps.
– Il y a tellement de questions qui restent ouvertes qu’on se dit qu’on n’aura peut-être des réponses qu’au 5ème tome, ou que l’action à proprement dite – soit le rétablissement de l’équilibre du monde – n’aura peut-être lieu que bien plus tard.

Les deux femmes se plongèrent tour à tour dans des hypothèses et analyses de la construction de ce monde. Toutes les deux ayant des pensées en arborescence, la pièce fut bientôt remplie de questionnements plus sociétaux tournant autour de ce que veulent les lecteurs d’aujourd’hui. Finalement, Mary finit par répondre à l’énigme d’une simple phrase.
– Dans ce livre , le lecteur vit l’histoire à travers les yeux d’un enfant !

Le « Eureka Moment » ! Afin de ne pas vous perdre, voici en décortiqué l’arborescence de pensée qui a eu lieu pendant cette conversation.

L’identification :

Pour être concise :

« Tout est de la faute d’Evahny »

Oui oui, c’est bien l’auteur qui blâme son personnage. Sans rire, la particularité de cette histoire réside dans le fait que vous découvrez le monde à travers les yeux d’Evahny et de ses acolytes. Du cocon de Ryatil, ils partent dans le monde. Alors oui il est gigantesque, comme le monde planète terre peut sembler gigantesque à un enfant de cet âge. Et si vous vous mettez à la place d’un enfant qui voyage, vous ressentirez les mêmes sensations grisantes, vertigineuses et stressantes.
Petit plus: petite tape sur l’épaule de contentement. «  good job Mary »
Petit moins: Les lecteurs pourraient ne pas aimer !

OK, mais pourquoi ?

Le besoin de savoir:

Tout comme Evahny , le besoin de savoir est impérieux chez les lecteurs d’Anima. Maintenant, il y a-t-il vraiment autant de questions ouvertes que cela ? Ne font-elles pas partie de l’intrigue ?
Oui , mais encore une fois si l’identification à l’enfant est forte,la tête des lecteurs pourrait bien souffrir de maux pas très agréables.

Peut-être aussi que le lecteur a un besoin de réassurance ? Savoir que pour finir il saura et comprendra tout.

Ou alors avons-nous pris l’habitude d’avoir les informations dans un mode « là maintenant tout de suite » ?Une sorte d’oubli que la vie cela ne marche pas comme ça, ce n’est pas Google.

Les réponses viendront évidemment, mais au rythme assimilable par un enfant. Pourquoi ? Parce que ce sont eux qui doivent comprendre comment leur monde marche. Parce que ce sont eux qui sont en mode découverte. Finalement , ce sont eux qui posent les questions et qui seront un jour les agents de changements du monde. ( là je parle autant pour Terhae que pour notre monde)

Je vous invite à l’exercice suivant, mettez-vous dans la peau d’un enfant qui découvre le centre-ville pour la première fois. Arrivez-vous à imaginer à quel point cela peut être déstabilisant pour eux ? Alors que l’adulte va vaquer à ses occupations peut être même pressant l’enfant pour qu’il marche plus vite ou ne pose pas autant de questions. C’est une expérience banale certes, mais l’espace d’un instant vous avez peut-être ressenti ce mélange de stress grisant, cette envie impérieuse de savoir, comprendre et assimiler ces découvertes sensorielles ?

OK, alors pourquoi cela serait-il différent dans un livre Fantasy ? Le monde est là ouvert prêt à se faire découvrir par l’avidité de ces enfants. Les adultes ? Ils guident au mieux , mais ont-ils eux-mêmes toutes les réponses ?

Dans mon livre clairement pas, ils doivent eux-mêmes grandir, se renseigner, découvrir poussé par la soif d’apprendre de leurs jeunes homologues. Peut-être ont-ils oublié de se poser certaines questions ? ou l’ont-ils fait, mais abandonné leur recherche en grandissant.

Dans Anima , l’enfant est la source de tout. L’adulte suit ou pas cette énergie de savoir pour se développer lui-même. Ce qui amène à ces doubles quêtes adultes/Enfants qui peuvent faire exploser la tête de questionnements. Est-ce vraiment une mauvaise chose ?

Finalement je remercie mon amie pour cette conversation qui m’a permis d’éclairer un certain nombre de points concernant des commentaires ou réactions de frustration assez forte des lecteurs qui m’ont parfois dérouté.

Aujourd’hui je les accueils en me disant :

Peut-être est-ce des expressions de ce qu’ils ont été en tant qu’enfants ? Qui sait.

Chers lecteurs, remettez-vous dans la peau d’un enfant et découvrez ce monde avec toutes les émotions positives et négatives que cela suscite en vous. Peut-être celles-ci pourront-elles créer un pont qui vous relit à l’enfant que vous avez été.

NB: C’est une similiréponse qui comme celle des lecteurs, subira de multiples hypothèses et revirement de conclusion. En résumé, c’est en construction et pour l’instant avec les informations que j’ai : elle me convient.

En conclusion :

Il y a une quête dans le personnage d’Evahny qui est celle de la Vérité en quelque sorte, et pour répondre à cela je vais m’aider d’Albus Dumbeldore qui répond au besoin d’Harry de savoir la vérité :

« La vérité, soupira Dumbeldore. Elle est toujours belle et terrible, c’est pourquoi il faut l’aborder avec beaucoup de précautions. »

Albus Dumbeldore dans Harry Potter à l’école des sorciers.

N’hésitez pas à partager vos impressions et vos questionnements. Si ça vous intéresse, je vous ferai un petit article sur les différents enfants archétypaux que l’on peut rencontrer et dans lesquels vous pourrez peut-être vous reconnaitre.

A bientôt

Mary

%d blogueurs aiment cette page :