Je disais ce matin ne pas avoir le feu sacré en ce moment et je dois me rendre à l’évidence que mon feu créateur ressemble plus en ce moment à des braises un peu rougeoyantes démontrant une activité importante, mais passée.

En même temps quand je regarde le travail abattu depuis 2 ans ben il y a de quoi.Je m’égare, car en rentrant d’une petite ballade je me suis mise à courrir dans la rue avec l’idée de cet article. Il fallait que je le mette par écrit et vite !!!! Quand je vous dis que je suis une cocotte minute. Par contre cet article prendra une autre forme que les précédents… Allons-y

J’ai mal aux doigts à force de me cramponner à ces malheureuses racines, mes jointures sont blanches et je remercie dame nature d’avoir fait en sorte que les arbres aient des bases aussi solides.

Où suis-je ?

Le corps suspendu au-dessus d’un trou noir, seule accroche à la vie , cette fameuse racine. Malheureusement, mon esprit cartésien sait qu’elle ne tiendra pas longtemps. Ainsi va la vie.

Je me baladais dans le sentier, portée par les idées de mon écriture. Jusqu’ici tout va bien.

Les plaines de Ryatil s’étendaient de gauche et de droite, j’avais sciemment enlevé de mon esprit les étendues sablonneuses des divers Déserts de mon livre. Tout le monde le sait maintenant je n’aime pas le Désert.

À moitié présente dans cette réalité, ma ballade avait pour but de travailler sur la suite de ce sentier. L’important n’est pas la destination, mais le chemin, quelque chose comme ça du moins.

Je repassais superficiellement les informations glanées ce matin sur les mythes de Xibalba en me disant que dans la catégorie mythes et légendes gore les Sud-Américains gagnaient la palme haut la main!!!

Et puis , ce satané volatile qui me rase de près le visage, soufflant l’idée lumineuse que j’étais gentiment en train de construire, mais attirant mon attention sur une majestueuse statue à l’orée de la forêt qui a pris forme devant moi. Premier instinct , toujours le bon. Elle ressemble à ce genre de femme qui représente la tempérance dans les cartes de Tarot , sauf que celle-ci semble plus dure, une sorte de mix avec Athéna et une divinité hindoue. Je dis ça parce qu’un de ses doigts pointe vers le ciel et celui de l’autre main vers le sol.
Évidemment , entre le volatile et mon espoir de m’envoler de ma réalité je regarde vers le haut et là… la chute et la racine bienveillante.
Pendant une fraction de seconde la scène du film Labyrinthe me traverse, cette fameuse scène où la protagoniste doit choisir entre le haut et le bas. Naturellement, aucune réponse n’est la bonne me dis-je, sorte de réassurance au bord du gouffre. Et j’ai surement dû me tromper , cette satané statue devait représenter Shiva.

Bon me voici donc dans cette situation… et si je regardais en bas ? Mes muscles se figent , mon coeur se met à battre, impossible. Mais comment en suis-je arrivée là ?

En écrivant un livre me direz-vous ? Oui et en choisissant cet âge iconique de 10 ans. Ce pont entre “j’appartiens au monde, il est beau et donc je suis beau et bon”  à celui du “le monde et moi-même sommes des entités séparées et se reflétant l’une l’autre”. La noirceur et les horribles choses que je vois à l’extérieur de moi sont aussi à l’intérieur.

Mais quelle idée Mary d’écrire sur cet âge franchement. Ouais bon maintenant c’est fait donc courage et regarde. Un clin d’oeil suffit, il n’y a pas de fond, c’est une chute sans atterrissage qui m’attend, mais pourquoi cela me fait si peur, moi qui en ai vu d’autres franchement dans ma vie.

Croassement, le volatile noir m’interpèle depuis le bord de mon gouffre. Je sens son intention malveillante de me picorer doucement les doigts jusqu’à ce que mes mains de douleurs lâchent leurs prises.
« Pas moyen mon gars, si je descends c’est parce que c’est moi qui décide de lâcher.! »
Serait-ce un sourire que je vois comme guise de réponse. Faudra vraiment que j’arrête de créer ce genre de personnages.

Ok Mary qu’est-ce qui te fait si peur ? La psy en moi sait très bien que la peur ne parle pas , elle hurle, fige ou nous permet de nous enfuir, cette dernière option étant inutilisable je me décide (enfin ) à regarder cette noirceur de plus près. Tient serait-ce une musique de vieux métal bien corrosif qui se dégage de ce trou, des images de tablée d’amis jouant à des jeux de rôles enveloppé par des fumées illicites se détache. Mon dieu ce que je pouvais être mal à l’aise dans ces soirées. Faut dire que ce milieu n’est pas très Woman friendly.

Des couvertures de livres traversent mon esprit , celles de Stephen King en premier lieu, joueur des peurs enfantines, m’ayant au passage traumatisée à vie avec les clowns et les bouches d’égout.

Puis comme un réconfort celles d’Anne Rice, les soirées passées à lire sur les vampires, rêver d’eux et de leur communauté en espérant qu’ils existent vraiment pour me retirer de ma réalité.

Finalement des images d’elfes noirs et de monstres de toute sorte, accompagnée de ma lecture des mythes mayas du matin s’emmêlent pour me souhaiter la bienvenue.

Mmmh Mary ça ne sent pas très bon. Nouveau croassement. Oui oui c’est bon j’ai compris je dois retourner dans ma période « corbeau ».

C’est fou me dis-je comme l’adolescence comporte ce subtil assemblage de merveilleux souvenirs d’amitiés et de longues soirée entourées d’une solitude plutôt glauquesque. Le bien être d’appartenir à des groupes conjugués d’un mal-être interne individuel.
Et la peur se trouve là au milieu de cet imbroglio , et si je réveillais à nouveau cette partie de moi nostalgique en revisitant ces moments ? La peur de l’inconnu , voici la peur fondamentale.
Le volatile s’impatiente, je vais devoir me décider avant de souffrir d’un mal phalangique. Avant de lâcher, j’invoque une belle bulle de protection lumineuse, bien que je doute de son efficacité là où je vais. Mais on m’a toujours dit de sortir couvert. Accompagnée de mon corbeau la descente se fait en douceur et est toujours en cours.
Ma dernière pensée : Tout ça pour un livre.

 

Maintenant que vous avez mon mood actuel, voici en image l’importance de ce tome 3. Il est le pivot du reste de l’histoire. Il est le turning point , le milieu du pont , ce moment où l’enfant ouvre les yeux et se sort de la matrice bienfaisante du monde qui l’entoure pour se confronter à ce qui l’entoure réellement. Il n’ y a plus de retour possible, à partir de ce moment bien précis tout est inconnu et ne sera plus seulement lumineux, les teintes de noires et de gris viendront peu à peu ajouter leurs teintes particulières et nécessaires à la construction de l’individualité. Je remercie Mister King et Anne Rice d’avoir à l’époque été des tuteurs de cette construction plus sombre de mon être, où en serais-je aujourd’hui sans eux? aucune idée.

 

 

C’est la première fois que je vous livre ici un récit bien plus personnelle que les précédents, je ne vais pas dire qu’il est facile de s’exposer de la sorte aux regards des autres. Néanmoins, je sais profondément que j’avais besoin de sortir cet article , peut être montre-t-il qu’un livre ne se construit pas seulement avec des idées mais avec tout son être. Un commentaire sur le blog et en particulier sous cet article est bienvenu. Je me réjouis de vous en raconter plus sur cette chute métaphorique.Je vous laisse en musique….

 

A bientôt 

 

Mary.

 

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