Quelle phase particulière celle de la post publication.
La psychothérapeute en moi se laisserait facilement à dire que c’est une phase un peu/beaucoup « bipolaire ».
De l’adrénaline de la publication, au vide du pas de commentaires ( normal personne n’a encore reçu son livre ), il n’y a qu’un pas et avec celui-ci quelques émotions bien corsées. Cette phase vient évidemment se greffer sur la vie courante, boulot, juin le mois des anniversaires et les fins d’école, crèche, suivis . Bref, c’est les montagnes russes.
Je me suis questionnée sur le thème et le sens de cet article :
Est-ce vraiment une thématique ?
Est-ce que cela intéresse quelqu’un ? bla-bla-bla.
Dans mes valeurs, il y a l’authenticité et le partage. Finalement, partager des moments loin d’être évident sur mon blog d’écrivaine fait aussi partie du processus de publication, il me semble.
J’ai été portée dans les premiers jours de la publication par mon réseau, commandes, partage et likes sont au rendez-vous. Le « faire » est là. Problèmes techniques, réflexion autour d’un marque-page, organisation des commandes et j’en passe.

Puis un départ, quelques jours loin de mes enfants, le « faire » laisse place à l’ « être » à temps complet, au ressenti, au silence, mais aussi à l’enclenchement de mon cerveau !
Doutes, peur, impatience et questions toxiques frappent à la porte et elles sont aussi matinales que des enfants.
Heureusement, j’ai de bons outils pour faire face. Heureusement, la nature est présente tout autour de moi et me permet d’être dans la contemplation, la rêverie et ( je ne vais pas vous mentir) la mise en place de quelques chapitres du tome 2.
Mais le coeur n’y est pas dans l’écriture. Une retenue que je n’ai jamais vécue, moi qui écris plutôt en mode « vidange ». Ce n’est pas une histoire de page blanche, heureusement pour moi je ne l’ai jamais vécue.
Alors je me questionne, qu’est-ce qui a changé ?
Réponse de l’analyse( ou plutôt torture de cerveau): La publication ! Je n’écris plus que pour moi.
Suivi de : j’ai besoin de retours pour savoir si cela en vaut la peine. Grosse erreur!!!!!
Un repositionnement est clairement nécessaire, revenir à la base. J’écris et j’ai toujours écrit mue par un besoin impérieux de m’exprimer, de créer des histoires. Que cela plaise ou pas, je continuerai. Ahhh, ça va mieux!!!
Jamais, je n’aurais imaginé être rattrapée par cette demande sociétale de performance et de résultats dans mon havre de paix de création.
Mais il reste quelque chose…..Et si ….

( Normalement quand une phrase commence comme ça, la psy en moi vous conseille de baisser le volume de votre cerveau sur MUET afin de ne pas entendre la fin de la phrase.)

Dans cette histoire, j’y vois des portions de vies, des concepts que j’ai longtemps appliqués, dû façonner pour qu’ils entrent dans la vie de tous les jours. Des concepts autant psychologiques, que spirituelle ou finalement de la vie. Cette vie qui défile en haut débit. Des questionnements, que j’ai eu enfant et puis qui sont restés adulte. Des ressentis face au monde et à son devenir. Bref…tout ça pour en arriver à la fameuse suite…Et si….j’étais la seule à voir tout ça dans cette histoire, que ce que j’y vois de magique, personne d’autre ne le voit, ne le ressens ?

Le syndrome de l’extra-terrestre vous connaissez ? Moi oui, et mes patients aussi et mes amis aussi et…et…. et du coup la sensation d’appartenance revient et de sa douce chaleur fait taire cette partie analytique de mon cerveau.
OK, le cerveau est plus calme ,les émotions sont stables , il faut du concret maintenant pour tester, vérifier et passer à autre chose.

Je reçois donc mon exemplaire auteure à la maison, après quelques extases et une furieuse envie de le regarder tout le temps. La faute à l’illustratrice. Je l’ouvre hier soir confortablement couchée dans mon lit. Une, deux, trois pages.

Je fais taire mon cerveau qui ne voit que les améliorations a apporter , les coquilles et tournure de phrases pas génial avec un : Oui je pourrais faire mieux avec plus de temps et d’argent. ( Meilleure phrase pour tuer tout perfectionnisme)

Finalement, j’ai éteint la lumière à regret au bout de 55 pages lu d’une traite, les Et si sont peut être toujours là et la seule façon de les désactiver c’est indéniablement les retours du public, la confrontation à l’autre. L’important dans cette histoire c’est que dans le creux de mon coeur, la petite fille que j’ai été s’endort satisfaite de lire l’histoire qu’elle aurait voulu avoir sous les yeux enfant. L’adulte est étonné de pouvoir relire cette histoire écrite par mes soins en tant que lecteur et se faire prendre dans le rythme.

être écrivain pour moi c’est ça , c’est écrire l’histoire qu’on aurait voulu lire.
J’espère que celle-ci saura autant toucher votre enfant intérieur qu’il apaise le mien.

Photo by BRUNO CERVERA on Unsplash

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