C’est une grande part de mon travail quotidien, faire prendre conscience à mes patients qu’ils sont uniques, mais que cela découle de leur multiplicité. Une sorte d’assemblage savant des différentes parts de leur personnalité, qui s’effectue au cours de leur vie, à travers leurs épreuves et joies. Ce conglomérat fait qui ils sont aujourd’hui.

Différentes théories aujourd’hui parlent abondamment de cette vision de la personnalité, dans ma manière de voir les choses j’ai trouvé plus simple même si je déteste les petites boites ou catégorisations, de nommer et décrire ces essences de personnalités: Les Archétypes.
Un archétype est une force, énergie composée d’une balance entre une partie « lumineuse et sombre » ou un pôle + et – . Jusque là tout va bien, maintenant mettez une dizaine de ces énergies à l’intérieur d’un adulte, secouez et vous pouvez voir que chaque décision est rarement un consensus. Chacun pouvant avoir son propre motif d’action , sa mise en sens et le plus souvent il n’y a personne pour prendre le lead. Mais qui devrait le prendre d’ailleurs? Carl. G Jung le nomme le Soi, l’unité « supérieure » de ce joyeux composite parfois contradictoire, c’est le Soi qui devrait faire taire tout ce joli petit monde pour émettre un choix.

Maintenant je quitte ma casquette de psy pour l’écrivaine, qui ont d’ailleurs ensemble fait un travail assez profond dans la construction des personnages.

Prenons l’exemple d’un des personnages principaux:

Sorhia.
L’aventure commence, l’archétype de la mère est omniprésent, à cela s’ajoute une propension à l’émotionnalité et difficulté à la gérer.
Un archétype figé, ce personnage a en quelque sorte oublié ses autres facettes pour ne se centrer que sur sa progéniture et leur devenir. Sa puissance devient donc labile et sujette à s’exprimer sans son propre consentement conscient, elle agit comme une force sur laquelle elle n’a pas de prise.
Mise à mal par la quête qui se prépare, elle doit malgré elle faire appel à d’autres ressources. Doucement, émergent alors d’autres pans de sa personnalité permettant ainsi au personnage de prendre une ampleur, mais aussi une profondeur.
C’est cela que j’aime le plus dans l’humain , sa complexité et en même temps sa simplicité.

Ensuite, pour être dans l’équilibre de genre, très à la mode en ce moment, prenons:

Lekhal
Le pendant masculin de Sorhia dans les caractères principaux. De l’aventurier sans attaches et responsabilité, les fuyants même, la quête l’oblige a prendre position et laisser émerger d’autres compétences. De l’homme ne pensant qu’à ses besoins et son bien-être, il devra guider des enfants dans une périlleuse quête et ainsi sortir doucement de sa coquille.

Chez ces deux personnages se trouve aussi tout un questionnement autour de la parentalité, de la guidance. Il n’est pas nécessaire selon moi dans le Fantasy( ou chez Disney d’ailleurs), que les deux parents soient morts ou absents pour que l’enfant puisse se développer et se débrouiller par lui-même. Des parents ayant compris qu’ils ne sont que des guides et que leurs enfants ne sont pas des extensions d’eux-mêmes suffit. Pour cela par contre , il faut un travail sur soi, et cela est tout aussi important pour nous lecteurs que pour mes personnages.

Finalement, dans Anima vous suivez l’évolution « classique » de jeunes personnages dans une quête, mais aussi celle de leurs parents.

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